mai 31 2009

La KHL tient sa première draft lundi prochain.

Catégories: Non Classé,RésultatsJeff @ 0:12

khl_logoAvec toute cette agitation autour de la finale NHL, l’évènement passe au second plan mais il aura tout de même bien lieu à Moscou lundi prochain. Et il sera intéressant à suivre. Ce n’est un secret pour personne, la ligue Russe de hockey sur glace n’a qu’un objectif depuis sa création, celui de concurrencer et de ressembler en tout point à la NHL, l’organisation de cette loterie n’en est que la nouvelle étape. C’est la première fois qu’un tel évènement, tout sport confondu est organisé sur notre vieux continent, il sera intéressant pour nous autres européens de voir ce qui en ressort et si la mise en place d’un tel système de repêchage est viable. La structure d’un club en Europe, quelque que soit le sport, intègre généralement une filière pour le développement des jeunes en son sein, rendant ce genre de repêchage inutile, les jeunes étant déjà dans l’organisation depuis plusieurs années.

En organisant cette draft un mois avant celle de Montréal, la KHL espère bien se démarquer de son homologue nord-américaine et à défaut de lui voler la vedette, lui mettre au moins des bâtons dans les roues. Elle se déroulera en 4 rondes, dans un vivier de 750 joueurs environ. Abaisser d’une année, soit à 17 ans, l’age minimum que doit avoir un joueur pour être éligible est également une forte volonté de la part de la KHL de vouloir interférer avec la NHL. L’évènement semble tout de même quelque peu surréaliste, à savoir que les meilleurs prospects Russes actuels, et éligibles cette année, ne seront pas de la partie. Chaque club a en effet le droit de protéger ses meilleurs talents et de ne pas les aligner. Nous allons donc assister à une draft de seconde zone en quelque sorte concernant la filière Russe. Néanmoins, chaque équipe mettant un joueur en vente sur ce «marché», il n’y a pas d’autre mot, se verra accorder une compensation financière si celui-ci est drafé.

Il en est tout autre pour les filières européenne et nord américaine. Les listes de joueurs étant similaires à peu de choses près à celles publiées en prévision de la prochaine draft NHL, on y retrouve la crème de la crème, John Tavares et Victor Hedman en tête. Ces joueurs ne sont pas protégés comme les meilleurs espoirs Russes et pourraient, en théorie, être drafté dès lundi par un club Russe. Cela serait un sacré coup de tonnerre en pleine finale de la coupe Stanley si un club Russe annonçait s’attacher les services d’un joueur du top 30 actuel. Bien évidemment il est très peu probable qu’une telle chose arrive, mais en fonction du succès de cette draft, il n’est pas impossible que dans les prochaines années, la KHL essaye de mettre la main sur les meilleurs joueurs européens et nord américains en leur promettant monts et merveilles mais surtout moyennant finances. Un «entry level contrat» de plusieurs millions de dollars cash à la sortie de la draft pourrait avoir raison de certains surtout lorsque l’on voit ce qu’un jeune joueur gagne actuellement en CHL.

La KHL est annoncée comme rencontrant certaines difficultés financières, une poignée de club seraient même en faillite, mais il ne faut pas se voiler la face, cela est lié à la conjoncture économique, une fois la crise passée, la ligue russe devrait continuer son développement. Tout cela reste hypothétique et il est impensable à la veille de cette draft que le club de Khimik Voskresensk, qui aura les honneurs de repêcher en premier lundi, jettera son dévolu sur un Tavares ou un Hedman, tout comme il est impensable que ceux-ci acceptent. La filière nord-américaine devrait être épargné, mais qu’en sera-t-il de la filière européenne? Le risque n’est pas uniquement celui de voir de jeunes talents fuir vers la Russie, mais peut-être également celui de voir certains joueurs ne jamais éclore et rester dans l’anonymat. Si la renommée de la NHL aujourd’hui se construit lors des premiers tours de la draft, il n’est pas rare de voir certain joueurs vedettes être drafté très tardivement. Que ce passerait-il si un joueur comme Miikka Kiprusoff ou Henrik Zetterberg était drafté par un club russe au premier ou deuxième tour au lieu du cinquième ou septième par un club nord-américain? Auraient-ils les mêmes chances d’atteindre leur plein potentiel? Début de réponse lundi.