avr 09 2009

Dr. Jekyll and Mr. Clutch.

Tant décrié cette année, Chris Drury a rassuré les partisans des Rangers et ses fans (il en reste encore, si si..) dans ce qui est pour l’instant le match le plus important de la saison pour l’équipe New-yorkaise. Drury a réalisé la rencontre parfaite, offrant aux Rangers deux buts qui pourraient s’avérer décisifs dans la course aux playoffs. L’espace d’un soir, il a fait oublier sa mauvaise saison, et est redevenu « Captain Clutch », surnom qui lui fut donné à Colorado pour son aptitude à marquer dans les moments importants. La victoire était impérative hier soir face à une équipe de Montréal toute aussi désespérée et également à la recherche de points. Les joueurs devaient répondre présents, pour leurs supporteurs, pour le staff, mais surtout, ils devaient le faire pour eux-mêmes après deux dernières semaines difficiles.

L’arrivée de John Tortorella en tant que nouvel entraineur a fait du bien à l’équipe, mais cela ne pouvait pas durer éternellement. Une fois le momentum des premières semaines passé, certaines mauvaises habitudes sont réapparues. Que ce soit le jeu de puissance inexistant, l’incapacité de marquer et de gagner un match en troisième période, ou encore les contre-performances de certains vétérans, dont le capitaine Chris Drury. Mais il a rappelé à tout le monde mardi qu’il reste un grand joueur. Souvent critiqué pour sa non-présence sur la glace, ses contre-performances à répétition et certaines déclarations d’après match discutables, son engagement et son envie de gagner ce match étaient évident. S’il met autant d’énergie dans les derniers matchs de la saison il sera intéressant de voir l’impact que cela aura sur l’équipe.

Comme je le disais dans un précédent article, je pense que cette saison est pour Chris Drury, comme pour Scott Gomez, une année de transition. Beaucoup (trop) de fans réclament la tête de ces 2 joueurs. Cela serait une erreur. On ne peut pas continuellement changer l’ossature d’une équipe tous les deux ans. Donnons-leur une année supplémentaire, surtout que le virage, résolument offensif, entamé avec l’arrivée de Tortorella derrière le banc semble prometteur. Avec les bons ajustements durant l’été, je suis convaincu que Drury et Gomez ont encore beaucoup à offrir à l’équipe. Et je suis également persuadé qu’ils le veulent, j’en ai marre d’entendre toujours la même chose au sujet de leur salaires et du fait qu’ils se la coule douce. Ce n’est quand même pas de leur faute si le recrutement à été médiocre l’été dernier. Arrêtons de leur mettre sur le dos les erreurs commises par d’autres, ça en devient ridicule, certains supporteurs feraient mieux d’arrêter de trainer sur certains forums. A force de lire des conneries, il y a un moment où l’on arrive forcement à croire qu’elles sont vraies. Drury et Gomez ne peuvent jouer leur meilleur hockey que lorsque certaines conditions sont réunies, et ces conditions sont loin d’avoir été réunies l’été dernier lors du recrutement.

Pour en revenir au match, Drury s’est finalement comporté comme tout capitaine se doit de le faire lors d’un match de cette importance. Et non seulement cela s’en ai ressenti dans son propre jeu, mais cela s’est également répercuté sur le reste de l’équipe. Après un début de match timide, mais légèrement à l’avantage de Montréal, les Rangers imposent peu à peu leur rythme. Et c’est assez logiquement qu’ils prennent l’avantage dès la 13ème minute, après un gros effort de Ryan Callahan dans le cercle, qui s’empare subtilement du palet dans les patins de Mike Komisarek, palet reprit par Drury qui d’un tir instantané du poignet, trompe Carey Price dans un angle loin d’être évident. Un très joli but. La première période se termine sur un score de 1-1, après que Dandenault, suite à un cafouillage devant la cage de Henrik Lundqvist ne remette les deux équipes à égalité d’un tir du revers.

C’est en deuxième période que le match se décante, les blueshirts réalisent la période idéale, certes face à une équipe du Canadien privée de 2 pièces maitresses en défense, Markov et Schneider, mais leur performance n’en demeure pas moins au dessus de la moyenne. Il faut féliciter l’effectif au complet, derrière Drury, c’est un groupe solide et affuté qui s’est présenté au Garden avec une seule idée en tête, la victoire et rien d’autre. Sean Avery pour commencer, fidèle à lui-même, qui réalise l’un de ses meilleurs match depuis un moment. Son forecheck a été monstrueux, il a fait preuve d’une très grande intelligence dans le contrôle du palet en zone offensive. Avery et très grande intelligence dans la même phrase, il fallait oser… ;) Bref, c’est suite à l’un de ses nombreux échecs avants qu’il réussi à glisser le palet en retrait vers un but déserté par Carey Price, pas exempt de tous reproches ici. Antropov, dans un plongeon désespéré, se jette sur le palet et l’envoi au fond des filets. Pour ceux qui mettraient en doute l’éthique d’Antropov et son engagement physique ou mental, je crois qu’ils ont eu une réponse. Pas sûr que un autre joueur de cette équipe aurait eu « los cojones » de se jeter, tête la première vers le but. Si j’étais Glen Sather, ma priorité numéro une le premier juillet, serait de signer le géant Kazhak. Quitte à laisser partir Zherdev s’il le fallait.

2-0 Rangers à la 23ème minute. Cinq minutes plus tard, Ryan Callahan, déjà présent sur le premier but, sort le palet de sa zone défensive par le côté droit, et d’un coup de pied, le passe à Drury qui a suivi. Celui-ci s’en empare, rentre en zone offensive et à la suite d’un une-deux avec Naslund conclu l’action en poussant le palet dans le but de Price. Un troisième but qui montre la détermination et l’envie de cette équipe. Les Rangers terminent la période sur un score de 3-1. Naslund et Callahan ont été les meilleurs avants sur la glace après Drury. Cette ligne sera probablement reconduite ce soir contre les Flyers. Il serait aussi étonnant de ne pas retrouver Antropov aux côtés de Gomez et Avery. Même si le jeu de puissance n’a pas marqué hier soir, il a néanmoins montré de bonne chose, notamment par Rozsival.

Une troisième période qui ne donnera rien de plus. Les blueshirts remportent leur 41e victoire de la saison, et se rapproche un peu plus des playoffs, surtout que dans le même temps, les Panthers n’ont pas réussi à l’emporter sur Philadelphie. Florida reste à 2 points derrière. Prochain match ce soir contre les Flyers avec, en cas de victoire, une place assurée en série, peu importe le résultat des autres équipes. Si Drury et certains joueurs reproduisent le même effort lors des prochaines rencontres, cette équipe pourrait bien jouer les trouble-fêtes dans une semaine.


avr 06 2009

Un Ranger court-il plus vite qu’une Panthère?

Et cette année, dans la catégorie du titre le plus débile, le gagnant est… Hum… C’est pourtant à peu de chose près à quoi se résume cette  deuxième semaine d’avril. La saison prend fin dimanche et les Rangers sont loin d’avoir assuré leur  participation aux playoffs, surtout avec une équipe des Panthers de Floride qui ne veut pas lâcher le morceau. Une dernière semaine qui s’annonce très stressante à suivre lorsque l’on voit le calendrier des Blueshirts. Un premier match demain à New York contre Montréal, puis le double affrontement contre Philadelphie vendredi et dimanche.

L’idéal serait que les Rangers remportent ces trois matchs. Dans ce cas de figure, aucun problème, l’équipe participera aux playoffs, avec un petit regain de confiance intéressant au passage. Mais, et il y a toujours un mais, l’équipe a  baissé de rythme lors des 7 derniers matchs avec un bilan de 2-4-1, quinze buts marqués, et un power play toujours aussi inoffensif. Rien de bien reluisant à l’entame de cette semaine donc, sans oublier les deux dernières défaites consécutives contre Carolina et Boston. Voici le classement aujourd’hui, Les Rangers sont devant la Floride car ils comptent une victoire de plus, c’est le premier critère pris en compte pour départager deux équipes à égalité. Et heureusement que l’on a pas besoin de faire appel aux autes critères…

Boston, Washington, New Jersey, Philadelphie (99,9%) et Carolina sont déjà qualifiés. De leur côté, Ottawa, Toronto, Atlanta, Tampa Bay et les Islanders sont éliminés. Plusieurs scénarios permettent aux hommes de John Tortorella de se qualifier, l’idéal restant toujours une série de trois victoires. Mais dès que les Rangers concèdent une défaite, les choses se compliquent. A savoir que les Panthers, s’ils veulent se qualifier, doivent impérativement terminer avec un point de plus que les Rangers. Afin de vous éviter de sortir les calculettes le moment venu, ce qui arrivera très certainement à un moment ou à un autre cette semaine (…), voici les différents scénarios possibles:

– Si les Rangers terminent à 3-0-0 (95 pts) , ils sont qualifiés, même si les Panthers finissent avec un bilan de 3-0-0 (95 pts) également. Pas de soucis ici.

–Si les Rangers terminent à 2-0-1 (94 pts), les Panthers seront qualifiés avec un bilan de 3-0-0 (95 pts), en dessous, ce sont les Rangers.

– Si les Rangers terminent à 2-1-0 (93 pts) et que les Panthers finissent à 3-0-0 (95 pts) ou 2-0-1 (94 pts), ces derniers sont qualifiés.

Ensuite cela se complique, et New York voit son destin lui échapper des mains un peu plus, rappelons que les Panthers ne vont pas lacher le morceau facilement:

– Si les Rangers terminent à 1-0-2 (93 pts), ils se qualifient uniquement si les Panthers terminent à 2-1-0 (93 pts) ou 1-0-2 (93 pts), voire en dessous.

–Si les Rangers terminent à 1-1-1 (92 pts), les Panthers n’ont juste qu’à finir à 2-1-0 (93 pts) ou 1-0-2 (93 pts) pour se qualifier.

Bref, plein de possibilités s’offrent aux Rangers, et une semaine moyenne pourrait suffire pour accrocher le bon wagon. Même des bilans de 1-2-0 ou 0-0-3 pourraient être suffisant, mais il ne faut pas trop rêver. D’autant plus que Buffalo serait relancer et pourrait décrocher le dernier billet. Les joueurs ont leur destin en main, ils savent ce qu’ils doivent faire pour s’offrir ce sursis. Et pourquoi pas passer un tour ou deux ensuite? On ne sait jamais, les playoffs me semblent assez ouverts cette année, et même une équipe des Rangers en demi-teinte, est toujours capable de sortir de gros matchs de temps en temps.

Reste à voir sur qui nous tomberions au premier tour. Je ne vais pas commencer à spéculer, mais cela sera soit Boston (85%), soit Washington (7,5%), soit New Jersey (7,5%). Le premier tour idéal? Les Devils sans hésiter, la victoire de la semaine dernière 3-0 en est un bon exemple. Il semble de plus en plus évident, et les chiffres semblent aller dans ce sens, que les Devils ne peuvent pas battre les blueshirts lorsque ceux-ci alignent Lundqvist et Avery dans leur effectif. Je dirais que c’est 50-50 ensuite entre les Bruins et les Capitals. D’un côté, contre Boston, une série très fermée, avec des matchs très serrés, peu de buts. On pourrait avoir quelques belles (ou amères…) prolongations. De l’autre côté, contre Washington, une série plus ouverte, où tout peut arriver, mais surtout dans laquelle les Rangers auraient moins de difficultés à marquer face à une défense moins expérimentée, et dont le gardien est un point faible.

Mais rien ne sert sert de courir… Prenons, les matchs un par un. Une bonne nouvelle tout de même, nous jouons les deux prochains matchs au Garden. J’aurai l’occasion de revenir dans la semaine sur cette dernière ligne droite, espérons avec de bonnes nouvelles. Une dernière chose, depuis la seconde guerre mondiale, les Rangers n’ont raté les playoffs qu’à trois reprises quand ils ont dû battaillé pour une place avec cinq matchs ou moins à jouer.

LGR!

Nouvelle de dernière minute: Selon le Globe and Mail, Andrei Markov et Mathieu Schneider ne seront pas sur la glace ce soir lorsque le Canadien affrontera les Senators d’Ottawa. Ils sont incertains pour demain soir. Comme quoi, la semaine ne commence pas si mal.


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